Grand-maman...
Lundi, 11 septembre 2006,
neuf heures, j’appelle mon ancien patron pour lui offrir mes
services (je ne me suis pas habituée à la ville et j’ai le
goût de me retrouver à nouveau dans cette école et dans
cette nature).
Une demi-heure plus tard, ma mère me
téléphone pour me dire que ma grand-mère est mourante et que
c’est une question d’heures, quarante huit tout au plus.
Ouch! Ça donne un coup. On a beau s’attendre à ce que ça
arrive un jour, c’est quand même dur à prendre.
La journée passe, je suis en attente d’une
réponse concernant l’emploi à Wemotaci.
Le lendemain, mon frère m’appelle vers onze
heures pour me parler de l’état de grand-maman. Il est allé
la voir la veille. À l’entendre parler, moi aussi j’aimerais
la revoir. Alors, il est convenu que j’aille à St-Jérôme.
Mon frère va m’accompagner. On se donne rendez-vous vers
treize heures. Je pars dans les minutes qui suivent. Rendue
à Boucherville, je m’arrête dans une épicerie m’acheter un
lunch que je mangerai dans l’auto en m’en allant. En sortant
du magasin, je m’aperçois, oh catastrophe!, que j’ai oublié
mes clés à l’intérieur de la voiture. Zut de zut!
Il me faut attendre Bob pendant deux heures
et demie avant de retrouver ma liberté (comme il travaille
de soir et qu’il est fatigué ces temps-ci, je ne voulais pas
qu’il vienne avant). Il arrive vers 14h 45. je calcule qu’en
partant tout de suite, j’arriverais à St-Jérôme vers 16
heures, ce qui n’est pas si tard. Alors, je décide, pour la
deuxième fois aujourd’hui, de partir sur-le-champ. Mais
lorsque j’arrive à la sortie pour le tunnel, je regarde en
direction de la 20 et je constate que la circulation est
arrêtée sur le pont de l’Île Charron. Alors, je continue sur
la route 132 jusqu’à la sortie Rolland Therrien. En
revenant, j’ai pu remarquer que le bouchon de circulation
s’étendait jusqu’au boulevard de Mortagne.
On aurait dit que je n’étais pas dû pour
aller voir grand-maman aujourd’hui.
***
Je suis arrivée à Wemotaci le 14 septembre
vers 17 heures et ce soir-là, même si j’en avais très envie,
je n’ai pas pu aller prendre ma marche (dans ma chère nature
que j’aime tant). Par contre, le lendemain vendredi rien
n’aurait pu m’y empêcher. Alors, après souper, je suis allée
près de la rivière, dans le chemin fait par la coupe de
bois. Tout en marchant, je pensais à plein de choses, entre
autres à mon retour à Wemotaci, au bon accueil que j’avais
eu le matin à l’école. Et bien sûr, j’ai pensé à grand-maman
qui était mourante et je trouvais cela très triste. J’étais
perdue dans mes pensées, je regardais par terre. Puis, tout
à coup, je me suis relevée la tête, j’ai regardé à l’horizon
et j’y ai vu un magnifique coucher de soleil. Le soleil
était un gros disque rouge entouré de deux épinettes vert
foncé.

C’était vraiment superbe et unique. Cette
sublime image a été comme un baume sur mon coeur triste.
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